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Nouvelles
  • 29.04.2020

Le COVID-19 met en évidence la fracture numérique de l’apprentissage à distance

Pendant que le monde s’efforçait de freiner au plus vite la propagation de la pandémie de COVID-19, 191 pays ont fermé leurs établissements d’enseignement, du pré-primaire jusqu’au niveau tertiaire, touchant au moins 1,5 milliard d’apprenants dans le monde, soit plus de 9 apprenants sur 10.

Dans le but de diminuer les perturbations suscitées, bon nombre de gouvernements et d’institutions se sont tournés vers l’enseignement à distance pour maintenir l’enseignement et l’apprentissage. Grâce à l’apprentissage en ligne, les enseignants sont en mesure de recréer pour les élèves un environnement similaire à celui d’une salle de classe, de leur envoyer des devoirs et de recevoir le travail effectué afin de l’évaluer. Cela permet également aux enseignants de continuer à communiquer quotidiennement avec les élèves et de vérifier ainsi non seulement leurs progrès scolaires, mais aussi leur bien-être.

Cependant, d’après des chiffres récents compilés par l’Équipe spéciale sur les enseignants à partir des données de l’Institut de statistique de l’UNESCO et de l’Union internationale des télécommunications, près de la moitié des apprenants à travers le monde rencontrent des obstacles majeurs dans le cadre de l’apprentissage en ligne. À l’échelle mondiale, ils sont 826 millions, soit 50 %, à ne pas pouvoir accéder à un ordinateur à la maison, tandis que 43 %, soit environ 706 millions, n’ont pas accès à Internet chez eux. Dans les pays à revenu faible, les taux d’accès sont encore plus bas. En Afrique subsaharienne, 89 pour cent des apprenants n’ont pas accès à un ordinateur à la maison et 82 pour cent n’ont pas accès à Internet.

Les téléphones portables ont démontré leur potentiel important pour permettre aux apprenants d’accéder aux informations et de se connecter aux autres élèves, mais près de 56 millions d’apprenants à travers le monde vivent dans des zones éloignées non desservies par les réseaux mobiles, dont près de la moitié en Afrique subsaharienne.

Certains pays se sont tournés vers des médias plus traditionnels pour assurer l’accès aux individus confrontés à cette fracture numérique. Au Pérou, le ministère de l’Éducation utilise une plate-forme d’enseignement en ligne, « Aprendo en casa », pour développer des programmes diffusés à la télévision et à la radio à l’intention des élèves qui n’ont pas d’accès Internet et d’ordinateur/téléphone portable. Les pays ont eu la possibilité de partager leur expérience des stratégies d’apprentissage à distance lors du cinquième Webinaire de l’UNESCO consacré au COVID-19.

On estime par ailleurs que 63 millions d’enseignants du primaire et du secondaire à travers le monde ont été touchés par les perturbations sans précédent suscitées par la pandémie de COVID-19. Même dans les pays dotés d’infrastructures TIC fiables et de connectivité dans les foyers, il n’a pas été simple pour les enseignants de basculer rapidement vers l’apprentissage en ligne. Quant aux enseignants des régions où les TIC et autres méthodologies d’enseignement à distance ne sont pas disponibles, comme au Cameroun où seulement 20 à 25 % des enseignants ont accès à un ordinateur, cette transition a été difficile ou impossible.

La formation des enseignants représente un défi particulier dans les pays à revenu faible. Dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, seulement 64 pour cent des enseignants du primaire et 50 pour cent des enseignants du secondaire répondent aux exigences nationales minimales de formation à l’enseignement. Dans de nombreux pays, il est rare que la formation couvre de façon adéquate les compétences en TIC.

De surcroît, les pays à revenu faible connaissent une pénurie d’enseignants, ce qui signifie que le grand nombre des élèves dans chaque classe rend difficile un enseignement individualisé pour chaque enfant. Comparé au critère de référence international – 1 enseignant pour 28 élèves dans l’enseignement primaire – il n’y a qu’un enseignant formé pour 56 élèves dans les pays à revenu faible et 1 enseignant pour 60 élèves en Afrique subsaharienne.

Pour permettre aux enseignants de bénéficier d’un accompagnement approprié pendant cette crise, l’Équipe spéciale sur les enseignants s’est jointe à la Coalition mondiale pour l’éducation de l’UNESCO et elle a récemment lancé un appelpour soutenir les enseignants touchés par la pandémie.

 

Infographie : COVID-19 : une crise mondiale de l’enseignement et de l’apprentissage

Webinaires consacrés à la réponse relative à la continuité pédagogique face au COVID-19 :

Document de réunion
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  • 08.04.2020
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Rapport de la douzième session du CEART

Le présent rapport résume l'analyse des principales questions concernant la condition du personnel enseignant dans le monde à tous les niveaux de l'éducation par le Comité conjoint OIT/UNESCO d...
Nouvelles
  • 27.04.2017

Solution mobile pour les enseignants en contexte de crise et d'urgence

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés a affirmé qu'il y a plus de 21,3 millions de réfugiés dans le monde et que la moitié d'entre eux sont des enfants, et qu'ils ont besoin d'aide, spécialement en termes d'éducation. Etant donné que la technologie peut aider les enseignants dans les situations d'urgences et de crises pour mieux répondre aux besoins des enfants, l'édition 2017 de la Semaine de l'apprentissage mobile de l'UNESCO a exploré comment la technologie peut aider à répondre aux besoins des réfugiés et d'autres apprenants dont le déplacement est causé par des situations d'urgences et de crises.

L'Équipe spéciale internationale sur les enseignants (TTF) dans son rôle de défenseur et de catalyseur de la profession de l'enseignement dans le monde, a offert son soutien à la semaine de l'apprentissage mobile en parrainant une session « Fournir des solutions mobiles pour les enseignants en situation de crises et d'urgences ». L'Équipe spéciale a animé cette session en impliquant des experts et des acteurs qui focalisent activement leur travail sur le développement des outils de technologie mobile, afin d'appuyer les enseignants en situation de crises et d'urgences. Dr Edem Adubra, chef du Secrétariat de l'Équipe spéciale a souligné: « Les enseignants jouent un rôle central dans l'éducation, surtout ceux qui se retrouvent en situations de crises et d'urgences. Par conséquent, leur fournir des solutions est de la plus haute importance. » Il a ajouté: « L'Équipe spéciale s'occupe des enseignants, de l'enseignement et de la profession de l'enseignement à tous les niveaux de l'éducation formelle et non formelle, y compris en situations de crises et d'urgences. »

La première solution présentée dans la session est l'application « Golden Teacher ». Cette application a été développée pour permettre aussi bien aux enseignants des pays en développement formés qu'à ceux non formés, leur utilisation facile de la plupart des stratégies d'enseignement. L'application prend la forme d'une procédure étape par étape, de la conception, de la livraison et de l'évaluation d'une expérience d'apprentissage pour un individu ou un groupe d'enseignants. Elle n'inclut aucun contenu du programme scolaire et, par conséquent, s'applique dans toute la gamme des contextes et des paramètres de l'éducation.

L'application de l'alphabétisation au Soudan du Sud est la seconde solution présentée. Cette application aide les enseignants à travailler avec l'apprenant suivant un programme basique d'alphabétisation à travers un appareil portatif. Afin de prendre en compte les défis relatifs au Soudan du Sud, l'application fournit un accès à un cours conçu à tel enseigne que les utilisateurs auront peu de difficultés à accéder et à en comprendre le contenu. En utilisant les concepts d'apprentissage effectifs et prouvés, le but est d'accroître le niveau d'alphabétisation des utilisateurs et leur faire subir les différents tests pour évaluer leur niveau d'alphabétisation après avoir complété les différents modules. Cette facilité d'utilisation de l'application d'alphabétisation permettra également aux enseignements une évaluation à distance.

La troisième solution est relative aux besoins de formation des enseignants, à une expérience de formation à distance du Mozambique. La présentation de la formation mobile en ligne dans un environnement de l'après-guerre met en exergue une stratégie innovante pour faire d'énormes progrès dans l'offre de la formation à distance au Mozambique. Le programme développé par la ISCED permet aux étudiants d'avoir leurs cours universitaires dans leurs poches quel que soit l'endroit et quel que soit le lieu où ils sont. Avec cette innovation, de plus en plus de personnes peuvent avoir accès à la formation en ligne. En une année, l'université utilisant le programme en ligne a vu le nombre d'utilisateurs s'accroître de 2 500 en 2015 à un total de 7 000 en 2016. Selon Wisdom Machacha, le programme a actuellement un nombre limité de cours, mais il y en aura d'autres qui y seront ajoutés très prochainement. Il s'agit d'une innovation importante particulièrement pour les environnements où des problèmes sérieux d'électricité, de communication, de mauvaises infrastructures routières et de nombreux autres problèmes sont souvent observés dans un pays d'après-guerre, comme l'est le Mozambique.

La dernière solution qui a été présentée s'avère d'une grande utilité pour les enseignants en situation de crises et d'urgences. Il s'agit d'une solution mobile intéressante pour le soutien en temps réel des étudiants réfugiés et des enseignants dans les situations de crises et d'urgences. EDUTrackerApp est une « méga-application » développée pour fournir aux apprenants et aux enseignants l'accès à des programmes d'études et des évaluations de haute qualité, et à suivre les activités d'enseignement dans des matières de base et à différents niveaux. Elle fait également un suivi de la présence scolaire journalière, en ligne et hors ligne, via la coordination GPS et offre un processus d'authentification multifactoriel. L'application va également permettre à l'enseignant principal de signaler les urgences relatives à la détérioration des infrastructures, la sécurité scolaire et des problèmes de sécurité, l'alimentation scolaire, les crises sanitaires et les désastres naturels via un système de billetterie électronique.

La session a permis de mettre en évidence les solutions informatiques appliquées à l'éducation dans les situations d'urgence et de crise, et leur mise en œuvre dans diverses parties du monde. Comme l'a soulevé un participant lors de la période de discussion, « La technologie de l'information est sûrement l'une des solutions qui permet de répondre aux besoins des enseignants et des apprenants en situation de crises et d'urgences ».